En reprenant les codes visuels du cinéma de propagande, Verhoeven crée un malaise persistant. Le spectateur est invité à jubiler devant le massacre d'insectes géants, tout en réalisant que les "héros" qu'il soutient portent les attributs du totalitarisme.
La satire est si fine qu'à sa sortie en 1997, une grande partie de la critique américaine accusa le film d'être lui-même néo-nazi, manquant totalement le second degré féroce du réalisateur néerlandais.
Le choix d'acteurs aux physiques "Ken et Barbie" n'est pas fortuit. Ils représentent l'idéal aryen vidé de toute substance intellectuelle, prompts à obéir et à mourir pour un système qui les exploite.
À travers ce film, Verhoeven nous met face à notre propre soif de violence et à la facilité avec laquelle le divertissement peut normaliser l'innommable.